une fois te connaître
Je vous aime.
Je n'y pensais plus guère, c'est bien ici qu'il fallait le dire, au lieu de circonvolutionner tant ailleurs.
Je vous aime, de me changer la vie même si ce n'est que pour ces quelques mois.
Je vous aime, d'être si souriant, si prévenant, si accueillant... si charmant.
Je vous aime, de m'avoir acceptée, même à la condition que je ne vous aime pas.
Je vous aime, d'être capable cette fois de répondre en riant à mes débordements.
Je vous aime, d'être si drôle le plus souvent et puis parfois plus grave, je parviens presque à me dire maintenant que ce n'est peut-être pas que je vous contrarie, et j'attends qu'une lueur de nouveau fasse naître un sourire.
Je vous aime, de ces phrases qui soudain vous révèlent pensif, peu sûr, préoccupé, sérieux, voire inquiet.
Je vous aime, d'avoir tant de délicatesse.
Je vous aime, de n'être pas parfait, au point que même parfois, j'arrive à penser posément que je ne vous aime pas.
Je vous aime, d'exister tout soudain tout à côté de moi, d'être sur ce chemin que je ne croyais pas prendre, et de m'en montrer les surprises.
Je vous aime, d'avoir causé chez moi tant de désirs de vivre, tant de découvertes, tant d'émerveillements.
Je vous aime, de coïncider si merveilleusement.
Je vous aime, de ne me laisser nul autre espoir qu'un pauvre rêve sans corps, et que cela, si vain, me remplisse de joie, unique intense joie.
Je vous aime, de m'offrir cette complicité même avec la réserve que vous m'imposez - moi qui suis si câline d'ordinaire, et qui soudain, respecte votre pudeur, en dépit que j'en aie, qu'il faut que je résiste à l'appel de vos bras irrésistiblement et que prête à tomber à chanceler je retienne pourtant tout l'élan qui m'emporte par peur de vous surprendre, de vous gêner, et dans la retenue je me découvre presque attentive, presque patiente.
Je vous aime, de lire avec tant de plaisir les pages dont vous vous délectez, de rendre si drôle cette œuvre-là, de me faire me sentir si nunuche en riant.
Je vous aime, d'avoir lu cette œuvrette aussi, et de m'avoir fait rire aux éclats dans vos petits papiers.
Je vous aime, de m'interdire toute mièvrerie, toute fleur bleue, toute cérémonie, et de pourtant savoir déceler les faiblesses et y répondre d'une voix douce et grave.
Je vous aime, d'avoir ces gros yeux bleus, qui semblent si souvent éclater de plaisir, et cette grosse voix pour faire l'ogre ou bien la comédie, et ce rire si aigu quand c'est vous qui riez.
Je vous aime d'être là, et de faire que ma vie, peut-être pour la première fois, est entièrement là, ni avant ni après, entièrement maintenant.
Je vous aime, d'avoir su vous frayer un chemin si criant d'évidence dans un cœur qui balance à vous aimer vraiment.
Je vous aime, de permettre à mon cœur de rougir sans y croire, de me laisser frémir dans ce prudent silence, d'accepter que parfois mes sentiments débordent, et que je dise des choses qui semblent des bêtises.
Je vous aime, de vous avoir aimé sans même m'en rendre compte, d'un coup de coup de foudre qui n'était pas dû à vos beaux yeux mais à la chaleur pétillante et tendre de votre rire que j'aime tant.
Je vous aime, de ne laisser pas un instant pas une chance pas une once de potentiel à l'histoire possible que je pourrais souhaiter mais qui est tellement irréelle que je ne peux pas même la penser, et de m'offrir ces si précieux instants de vrai bonheur sans rien de plus autour.
Je vous aime tant.
Je vous aime, de votre seule présence.
Je vous aime, infiniment, et ne désire rien d'autre que ces moments perdurent où nous les partageons.
Je vous aime, même si je voudrais vous le dire, et que surtout ça ne change rien.