Je vous aime

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Envoyez votre lettre

Là-bas non

Je vous aime.
Ce bout de toile où je dis tout n'est pas l'endroit pour écrire ces mots-là. J'y parle pourtant de toi, il faut bien que je couche quelque part tout ce que tu m'inspires et qui te ferait sourire si je te le murmurais à l'oreille. Alors j'écris que tu ressembles à Peter Pan et à John Murdoch, et aussi à Charlie Chaplin et à Pierre Richard. J'écris que te rencontrer m'a redonné le souvenir de la joie de mon enfance dont je ne voyais plus que les pleurs et la solitude. Que ta façon de marcher, un peu dansante, m'apprend chaque jour un peu la légèreté. Que ton existence m'a permis de traverser le deuil immense sans y laisser toutes mes chances d'être heureuse. J'y évoque bien des facettes de cet étonnement souvent ravi qu'est la vie avec toi.
Je n'y écris pas ces mots-là, et pourtant c'est vrai que je vous aime.

Tous tes toi

Mon lapin mon chaton mon poussin mon poulet mon coq mon oeuf à la coque ma touffe de poils mon colonel mon doge mon gouvernement mon éminence mon promontoire mon boulet ma boule d'inquétude mon souci mon beau souci mon regard tout bleu qui me fusille mon regard tout rigolard qui grésille mon grizzly ma carotte bio ma fraise des bois ma force de la nature qui a peur d'une souris ma mère ma soeur mon frère mon grand-père mon bébé mon grrrrros chat mon petit chat mon merle qui chante faux ma perruche qui chante avec enthousiasme mon anachorète ma grosse paluche qui fait vrouf mon coquelet je t'aime tous tes toi je vous aime

vous

je vous aime
vous qui m'aimez.

Valentins d'hiver - amants d'hier

Ce texte est dédié à mes beau-parents que j'adorais, et dont l'amour était toujours vibrant... et à tous les vieux amants.

Il aurait pu lui dire,
dans un demi-sourire...

"Sur ton front adoré,
Douce parcheminée
Ma dextre tavelée
Te glisse une tendresse
Déplisse les années,
Et à ton cou ourlé
De mille heures veillées
Tout autant de caresses.
Sur ton bras décharné
A la chair oubliée,
Et sur tes doigts gelés
Mon souffle, ma princesse.
Sur ton sein carminé
Au moelleux raviné,
Ton ventre crevassé
Où un baiser je laisse.
Ô lèvres opiacées
Et toujours adorées,
Combien m'en suis grisé,
Ma reine, ma pécheresse !
Vois ma belle sublimée
Comment sous mes baisers
Ton être vivifié
En oublie la vieillesse,
Et d'amour habillé
En nos nuits de clarté
Nos corps illuminés
S'envolent en liesse."

Par ces mots que je sème,
leur dire :
je vous aime.

Rouge carmin

Je vous aime.
De toutes parts s’élèvent les déclarations d’amour et montent les blancs en neige des cœurs tartifiés à la crème moelleuse. La guirlande rouge carmin du disque dur enregistre les serments qui s’enfilent en scintillant.

C’était le 8 août 1848 à huit heures, au détour du couloir où je passais la serpillière… je te vis, toi Cidrolin, mon unique ! Nous étions pauvres mais ton accordéon nous sauva quand, de la pelisse envisonnée de la Marquise, il fit émerger un billet de cinq cents mirliflores.%%%
''Prométhée-moi d’en faire bon usage, dit-elle alors avec l’accent de Nougaro. Prométhéé, prométhée-le moi !"

S’il arrive que le génie du spleen vous emberlificote de ses tentacules de balai espagnol, soyez sûr que l’amour sincère vous attend. Tapis de laine ou bourgeon de soie, sous le lit, au milieu de son troupeau de moutons, planqué sous l'émail d'un plan de travail ou déguisé en inoxydable, ne renoncez pas, inventez votre façon de faire le ménage.

Amor Fecit 2008

Je n'ai pas grand chose à vous dire. Vous m'avez tuée l'année dernière, à la mi-mars. Vous avez inconsciemment enfoncé votre poignard dans le cœur de notre amour. Il est mort et moi avec. Jamais plus je ne vous dirai : je vous aime.

c'est lui que j'aime

Je vous aime, vous les hommes qui avez traversés ma vie en me laissant parfois un goût amer et quelques coups. Mais aujourd'hui c'est un seul que j'aime et c'est la 1ère fois que j'ose mettre ces mots sur une relation qui se construit. je t'aime toi mon soleil!

Qui n'en portez le nom

à G., à J., à M.... aux autres

Amis qui n'en portez le nom
fidèles de l'instant
rencontres de hasard
d'amitiés partagées
amis d'amis
amis fratrie
beaux-colocs
beaux-vieux-cop's
confidents éphémères
de soirs sans lendemain
complices inoubliables
sans trace et sans adresse
amis dont on emporte comme
un coin de rêve
si vous étiez plus proches
la distance et le temps
nous le serions
amis
je vous aime

quatre-vingt quinze défauts

Je vous aime.
Je vous aime depuis longtemps, je vous ai aimé avant de pouvoir le faire. La légende dit que l'histoire a commencé avant même que nous sachions ce qu'est l'histoire.
Je vous aime comme le pain, comme celui que vous faites au quotidien, comme cette farine légère et dense dont vous êtes pétri, cette humanité nourricière qui vous fait la main tendue et pleine.
Je vous aime comme le pain et parfois j'oublie que je vous aime. On ne vit pas des années durant sans que ne s'installent aussi des tendresses machinales. Ce n'est un reproche que pour ceux qui n'en savent pas la réconfortante permanence ou pour ceux qui jamais ne se réveillent de leur torpeur.
Je vous aime d'accepter et de provoquer ce réveil, que l'odeur du pain chaud et de la peau nue s'ouvrent en grand sur des fringales sans détour.
Je vous aime de savoir que vous ne serez jamais mon unique objet d'amour, j'aime votre regard sur moi quand je regarde l'enfant, la fleur, ou la vague et j'aime vos yeux sur l'ami, le chat, la vieille dame et la pâte qui lève.
Je vous aime comme je peux, souvent avec des mots parce que c'est ce que je sais faire. Je vais vous donner l'adresse de ce texte, vous irez le voir sans moi, et bien que je ne sois pas là pour vous voir, je sais que vous allez secouer la tête avec un sourire en coin et un petit grognement embarrassé, car chez vous, les mots servent à bavarder. Ils flottent autour de vous comme des miettes sans importance, c'est une monnaie de billon, des fleurs de papier crépon.
Ce qui dit, chez vous, ce sont vos mains, les gestes que vous posez, votre façon de prendre soin. Vous parlez de pain et de silence, vous parlez de votre épaule et
de ce bras qui entourent, vous parlez de porte ouverte et d'attente sans fièvre.
Homme à quatre-vingt quatorze défauts, depuis longtemps, je vous aime.

Les bancs publics

Je vous aime, bancs publics. Je vous aime, parce que les petits oiseaux viennent picorer les miettes sous vos traverses écartées, que sur vous, les amoureux viennent se bécoter, les sans abri s' allonger et les vieux se reposer. Je vous aime, parce que dans les grandes villes, vous êtes à vous seuls l'espoir d'une pause, d'un soupir, d'un petit silence - vous êtes la petite cantate des rues assourdissantes... Je vous aime, parce qu'à chaque Saint Valentin, en mémoire de toutes mes amours perdues , je choisis l'un d'entre vous, si possible près d'une touffe de perce-neige et à l'ombre d'un chêne, et je pense à Georges Brassens, à l'amour et au printemps...

Et même si je viens seule m'asseoir sur toi, Banc Public, il me suffit de fermer les yeux et hop ! Me voici bien à l'abri des regards obliques...

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